Mariage homosexuel, ni OUI, ni NON
Campagne électorale oblige, le MARIAGE HOMOSEXUEL est à l’ordre du jour. Bien entendu, nul ne fait dans la nuance. Nous sommes priés d’être CONTRE ou d’ être POUR. Tout le monde en rang et en silence.
Face à cette pression idéologique, bien des gens sentent pourtant confusément que le fait d’être contre constitue une ânerie et que le fait d’être pour l’est tout autant.
Et bien ils ont raison. Refuser ou autoriser le mariage homosexuel ne peut engendrer que des dégâts.
En outre, cela met en question l’exercice même de la démocratie.
En effet, cet exercice ne consiste pas nécessairement à donner raison à une majorité (encore moins à une minorité, d’accord).
En cas de conflit entre valeurs, comportements, modes de vie, cultures – ce qui est à l’ordre du jour avec ce que l’on appelle le communautarisme – la démocratie consiste construire une situation permettant à toutes les vérités de s’épanouir sans se combattre et sans se nuire.
Opération difficile, pas toujours possible ; opération indispensable quand elle peut aboutir.
Ainsi, s’agissant du mariage homosexuel.
Deux vérités en présence
L’analyse sans a priori des options en présence révèle deux vérités qui se font face et apparemment s’opposent.
La première est professée par ceux qui militent en vain pour l’égalité de considération et de droits qui leur est refusée en raison de leur préférence sexuelle ; cette première vérité se fonde sur les principes fondamentaux de notre démocratie.
La seconde est défendue par ceux qui professent une conception religieuse, ou simplement traditionnelle, de la morale, de la famille et du couple ; ils fondent leur opinion sur la certitude qu’une société ne peut se concevoir hors du respect d’un certain nombre de règles de comportement.
Cette analyse ayant été menée à son terme, il devient impossible de prétendre que les uns ont tort et les autres raison.
C’est ce que font pourtant nos hommes politiques, parce qu’ils consacrent toute leur énergie à la pêche aux voix, non à la transformation de notre société. C’est infiniment navrant ; c’est comme ça. J’ai écrit à nombre d’entre eux. Je ferai connaître leurs réponses – s’ils me répondent, ce qui n’est pas improbable en période électorale.
Mieux que résoudre le problème
Mais une question se pose face au problème qui nous occupe : peut-on éviter d’être POUR ou CONTRE ?
Oui car, entre ces extrêmes, il existe une voie originale.
La suivre permettrait d’accorder aux couples homosexuels la considération et l’égalité qu’ils réclament, sans heurter en rien les convictions morales et religieuses de qui que ce soit.
Quelques modifications très simples apportées à notre législation suffiraient pour y parvenir. Cela fait, le problème en cause ne serait pas résolu, il aurait plutôt disparu.
Un petit livre
Parce qu’il touche au fonctionnement même de notre société démocratique, parce qu’une mauvaise solution – le POUR comme le CONTRE le seraient l’une et l’autre – ferait souffrir une partie de l’opinion, je me suis donc décidé à écrire quelque chose sur la question.
À dire vrai, je m’étais d’abord attelé à la rédaction d’un article. Puis, les questions s’ajoutant aux questions, les points de vue aux points de vue et les arguments aux idées, l’article a grossi jusqu’à devenir un livre. Un livre court, certes, mais un livre.
Et je pense que le problème valait bien cela. Au moins je l’espère.




